Compagnie du Parler Noir

Bernard Manciet

Manciet est une évidence dans ma vie, comme la lande, le bois et la langue qui nous ont réunis.

C'est l'université des petits rien, les odeurs, les chemins qui craquent, la solitude, et cette grande bouffée de bonheur et de tristesse quand je le lis. Le plaisir de le dire, c'est charnel, c'est sacré.
J'ai enseigné la langue et aujourd'hui je ne fais plus que ça : lire Manciet, nourrie de cette ½uvre puissante, immense, obscure, difficile, jouissive.
Je viens de là, de ces pins, de ces riens, de cette langue écrasée. Elle est ma façon de créer, elle me porte, m'emporte. Je la mange, elle me mange. Je ne peux pas me passer d'elle, je ne peux vivre sans lui.

L'idée de reprendre cette ½uvre (dite et jouée en bilingue) est de la confronter à d'autres langages musicaux et plastiques pour en souligner toute la modernité et la poésie.
L'installation d'un dispositif visuel et sonore et les personnages de Manciet pour dire la langue, belle, profonde, la femme et son rapport si particulier à l'eau, perdue dans son immensité, dans son amour de l'autre, dans sa vision de la nature.
Lire cette ½uvre, la dire, c'est plonger dans une émotion ancienne, dans un lieu, le lavoir, où s'échangent les paroles secrètes, où se disent les silences des maisons, de cette lande qui emprisonne et libère à la fois.
Entendre cette ½uvre, c'est se délecter d'images claires, fragiles et puissantes, c'est pénétrer un univers mouvant et émouvant.

Isabelle Loubère

Nous contacter